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Premier album pour Doudou Swing, il était
temps ! Notre Doudou Cuillerier, fringant quadra, a enfin réussi
à échapper à son job de guitariste rythmique de jazz
manouche, pour nous offrir un voyage (un trip ?) dans son pays imaginaire.
Chansons tendres, réflexions profondes pour un monde meilleur,
swings rigolos, scats enjoués, recettes de cuisine improbables,
chapiteau démontable, on trouve tout ça dans ce premier
opus. Entouré de Victorine Martin à la guitare, d’Antonio Licusati à la contrebasse et de quelques invités, Doudou se laisse aller à des confidences, sa voix pure et limpide est à mettre entre toutes les oreilles, que ce soit sur "Boule de billard", superbe profession de foi, "La tempête" et son tempo tordu, "Métamorphose", un hommage à Nougaro avec un texte de Fred Loizeau, Doudou y est impérial en "Chet Baker français". On n'oublie pas la gaudriole, le fendage de gueule avec "Latcho raben", "Una Caña por favor" ou encore le medley Walt Disney "Aie confiance" / "Etre un homme comme vous", scies inusables que Doudou joue sur scène depuis une vingtaine d'années, rien que ça... On pourrait croire que reprendre du Piaf, c’est suicidaire (rappelez-vous Etienne Daho et son "Mon manège à moi"...) mais Doudou a su éviter ce piège en orchestrant ce "Chemin des forains" à sa manière, tout en dévotion et retenue, très belle reprise, vraiment. Doudou chante superbement, sa diction est devenue parfaite, à l'instar de ce "Douï, Douï" (chanté en tsigane) un rien nostalgique où brille l'accordéon d’Emy Dragoï. Cet album, supervisé par Romane, est réussi, il est vrai qu’un chanteur de jazz avec une formation swing à cordes, c'est plutôt rare et pour ceux qui feront une comparaison avec Sanseverino (une vraie bénédiction dans la chanson française), ils devront admettre que Doudou Swing impose un discours très différent de celui de notre Sansev’ national, ici on est ancré dans le jazz et une poésie un rien naïve (en rapport aux canons actuels, bien sûr). "A feu doux", c’est vrai que Doudou a pris sont temps, ici rien n'est forcé, de belles mélodies, travaillées au cordeau, se suivent logiquement mais sans se ressembler, c’est presque un album-concept, le "Sergent Pepper" de notre chauve souriant ? C'est aussi l'album réfléchi d'un artiste mûr, sûr de son art, on n'oublie pas l'emballage pour autant, c'est très fleuri : "- Allez, vous reprendrez bien un peu de crudités ? -" "- Non merci, ça fait tomber les cheveux... -" Maurice Skusziack |